Préface/Prefazione di Pulsatilla

Publié le par Murielle Berger

Préface à l'édition française

Chers lecteurs,

Ce que vous avez entre les mains n'est pas un roman. Ce n'est pas non plus un essai. C'est un livre tout court, mais, si on peut pousser un peu la définition, disons que c'est un livre humoristique, bien qu'il ne soit pas exempt d'une certaine dose de drame. Au contraire de pas mal de livres humoristiques, on y raconte des choses qui sont réellement arrivées et il ne contient aucune blague sur les carabiniers. Il convient donc de le lire comme un livre non humoristique, c'est-à-dire de la première à la dernière page. Pour en tirer le meilleur bénéfice, on conseille aussi de ne pas le jeter au feu avant de l'avoir fini et de ne pas le porter à la bouche pendant la lecture. Ce n'est pas un chef-d'œuvre de la littérature mondiale, mais il est au-dessus de la moyenne des livres sortis dernièrement et, si l'information peut vous être de quelque réconfort, aucune des presque cent mille personne qui l'ont acheté en Italie n'a demandé à être remboursée.

La traduction de La cellulite, c'est comme la mafia, ça n'existe pas (Au Diable Vauvert) de l'italien au français pourrait en outre constituer le premier pas d'une réelle communion entre nos deux nations. Notons d'ailleurs qu'il n'est jamais fait allusion à la France. Ici, on polémique sur la gauche, sur la famille, sur les mâles, sur l'absurdité d'être une femme, sur le monde de la communication, mais on n'y débat pas, fût-ce pour un instant, de l'importance historique du croque-monsieur. Si, au contraire, vous avez une dent contre l'Italie, vous trouverez dans la plupart des chapitres qui suivent des arguments solides pour gagner la bataille dialectique contre nous. Je me permettrai toutefois d'indiquer qu'il n'y a aucune commune mesure entre les lasagnes et un misérable croque-monsieur, ni entre le Brunello di Montalcino et un bordeaux. Et puis quoi encore, on voudrait comparer Armani à Jean-Paul Gaultier ? Allons, soyons sérieux. Si vous voulez mon avis, vous avez parfaitement raison de nous envier. Ceci dit, en ce qui me concerne, je n'ai aucune animosité, non, je n'ai vraiment rien contre vous, les Français.

Vous vous demandez peut-être comment ce non-roman est né. Avant de faire l'écrivaine, j'étais une fille dans la vingtaine, originaire de Foggia*, plutôt fauchée, qui travaillait dans la publicité et qui, en prime, tenait un blog. Un jour, les gens d'une maison d'édition m'ont appelée et ils m'ont dit, hey, tu sais que tu écris vraiment bien ? Publie un non-roman chez nous.

J'étais un peu retournée par la proposition, mais la bonne nouvelle, c'était que je ne serais éventuellement plus obligée de gratter dans la publicité. Mortel, j'ai pensé. J'ai tout de suite signé le contrat.
Le non-roman est donc sorti avec ce titre qui - pour garder une certaine cohérence éditoriale - est un non-titre, il s'est vendu comme des petits pains et il est devenu un phénomène d'édition. Moi qui étais plutôt indigente, je suis devenue une star : on m'a téléphoné de partout pour m'interviewer, pour m'inviter à la télé, pour me demander ce que je pensais du réchauffement climatique, de l'extinction des lions de mer ou du cinéma kazakh. Depuis lors, je gagne ma croûte en écrivant et j'ai même quelques sous en plus en poche. En somme, ma vie a changé en mieux. Naturellement, je suis toujours malheureuse mais, on le sait bien, les gens heureux n'ont jamais écrit une seule ligne.

Pulsatilla, octobre 2007

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Prefazione all'edizione francese

Cari lettori,

Cio' che avete tra le mani non è un romanzo. Non è neppure un saggio. E' un libro tout court, ma, se si puo' spingere un po' la definizione, diciamo che è un libro umoristico, sebbene non privo di una bella dose di drama. A differenza di un bel po' dei libri umoristici, vi si racconta cose che sono veramente successe ed esso non contiene nessuna barzelletta sui carabinieri. E' quindi opportuno leggerlo come un libro non umoristico, cioè dalla prima all'ultima pagina. Per farne tesoro, è consigliabile non buttarlo al fuoco prima di averlo finito e non portarlo alla bocca durante la lettura. Non è un capolavoro della letteratura mondiale, ma è al di sopra della media dei libri usciti ultimamente e, se l'informazione puo' rinfrancarvi, nessuno fra circa centomila persone che l'hanno comprato in Italia ha richiesto un rimborso.

La traduzione della Ballata delle prugne secche (Castelvecchi) (La cellulite, c'est comme la mafia, ça n'existe pas - Au Diable Vauvert) dall'italiano al francese potrebbe inaltro rappresentare il primo passo di una reale comunione in entrambi i nostri due Paesi. Tra l'altro, è interessante notare che non si riferisce mai alla Francia. Qui, si polemizza sulla sinistra, sulla famiglia, sui maschi, sull'assurdità di essere una donna, sul mondo della comunicazione, ma non vi si discute, fosse per un attimo, dell'importanza storica del croque-monsieur. Se, invece, ce l'avete con l'Italia, troverete nella maggior parte dei capitoli che seguono solidi argomenti per vincere la battaglia dialettica contro di noi. Tuttavia consentitemi di aggiungere che non c'è confronto possibile tra un piatto di lasagne e un povero croque-monsieur, né tra il Brunello di Montalcino e un bordeaux. Figuriamoci, si vorrebbe paragonare Armani a Jean-Paul Gaultier ? Maddai, di cosa stiamo parlando ? A mio avviso, avete perfettamente ragione di essere invidiosi. Detto questo, per quanto mi riguarda, non ho alcuna animosità, no, non ho affatto nulla contro di voi, i Francesi.

Forse vi chiedete come mai è nato questo non-romanzo. Prima di fare la scrittrice, ero una ragazza ventenne, originaria di Foggia*, abbastanza squattrinata, che lavorava nella pubblicità e che, per giunta, gestiva un blog. Un giorno, quelli di una casa editrice m'hanno chiamata e detto, hey, scrivi davvero bene, sai ? Vieni a pubblicare un non-romanzo da noi.

Ero un po' sconvolta dalla proposta, ma la buona notizia era che magari non sarei più costretta a sfacchinare nella pubblicità. E' pazzesco, ho pensato. Ho subito firmato il contratto.

Dunque il non-romanzo è uscito con questo titolo il cui - per tenere una certa coerenza editoriale - è un non-titolo. E' andato a ruba diventando un fenomeno di edizione. Io, che ero abbastanza pezzente, sono diventata una star : mi hanno telefonato da ovunque per intervistarmi, invitarmi ai talk-show, chiedere la mia sul riscaldamento globale, sull'estinzione dei leoni di mare oppure sul cinema kazaco. Da allora, mi guadagno la pagnotta scrivendo. E ho perfino qualche soldo in più in tasca. Insomma, la mia vita è cambiata in meglio. Certo sono tuttora infelice ma, si sa, la gente felice non ha mai scritto una sola riga.

Pulsatilla, ottobre 2007

*Ville d'un peu plus de 150 000 habitants, au sud-est de l'Italie, chef-lieu de la province du même nom. Cette province, qui occupe ce qu'on pourrait appeler le "talon" de la Botte, est l'une des cinq qui composent la région des Pouilles. Sur le plan économique, la ville de Foggia, peu industrialisée, est surtout connue pour son important marché agricole.

*Città di circa più di 150 000 abitanti, a sud-est dell'Italia, capoluogo della provincia dello stesso nome. Questa provincia, che occupa quello che si potrebbe chiamare il "tacco" dello Stivale, è una delle cinque che compongono la regione Puglia. A livello economico, la città di Foggia, poco industrializzata, è conosciuta soprattutto per l'importanza del suo mercato agricolo.

Un vero choc culturaleUn vero choc culturale

Un vero choc culturale

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